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Femmes de la Drôme : enseignantes

Différents auteurs

 
Ed. A.U.E.D Valence, Études Drômoises, revue trimestrielle, numéro N°28 de décembre 2006
 

Andrée Bernard par Henri Desaye
Marguerite Soubeyran par Jean Sauvageon
Aimée Planel-Rorecka par Danièle Quet

 

 

Andrée Bernard, avec une fillette sur les genoux
 

Andrée Bernard
Henri Desaye

Quelle aurait été sa réaction en se voyant figurer parmi les femmes célèbres de la Drôme ?
Mademoiselle Bernard était une femme de terrain dont le chapeau servait de signe de ralliement au groupe qui l'accompagnait dans les différentes explorations qu'elle organisait.
L'essentiel, pour elle, consistait à transmettre. Transmettre ce qu'elle avait reçu au cours de ses études à Fontenay-aux-Roses, mais aussi ce que ses propres recherches lui apportaient. Sa formation de géographe était une prise directe sur l'actualité, voire le futur.
Sa grande rigueur, son éthique pourrait-on dire, ne concédait rien à la mode, à l'à peu près, non plus qu'aux vérités préétablies. Mais elle savait aussi que pour que le message passe, il devait être compréhensible et assimilable.

Andrée Bernard, professeure à l'école normale d'institutrices de Valence, a, dès 1959, avec Maurice Peyrard, assuré les débuts de l'Association Universitaire d'Études Drômoises. Elle s'y dépensa jusqu'à sa fin, en 1996. Sa bibliographie comporte cent trente huit titres dans les Études drômoises, titres bien souvent dépourvus de signature et qui ont contribué à sauvegarder l'unité et l'identité de la revue.

Ce portrait, sans doute trop abstrait, s'explique par le fait que la discrétion, la modestie, le dévouement ne se prêtent guère à la littérature, mais Andrée Bernard rest le symbole du don de transmettre, on peut dire d'enseigner, au sens le plus large du terme.


 
 

Marguerite Soubeyran
Jean Sauvageon

Marguerite Soubeyran est née à Dieulefit, le 29 avril 1884, dans une famille protestante.
Après des études d'infirmière, elle crée une maison de repos, la Pension, dans une ferme familiale.
Dix ans plus tard, elle reprend des études à Genève où elle a comme professeurs, Piaget, Claparède, Ferrière. En 1929, à son retour, elle fonde avec son amie genevoise Catherine Kraft, l'école de Beauvallon pour y accueillir des enfants « blessés de la vie ». C'est certainement la première école mixte qui reçoit, en France, des enfants de 4 à 16 ans. Les principes éducatifs sont la confiance et la familiarité dans les relations avec les adultes. Il faut rapidement construire un second bâtiment.
Avant la guerre, des artistes et écrivains participent occasionnellement à la vie de l'école.
Pendant la guerre, l'école et la pension ont été un refuge inestimable pour les proscrits. L'école doit s'organiser pour accueillir une centaine de personnes supplémentaires. Simone Monnier vient compléter l'équipe, que Pierre Emmanuel appellera les trois fées de Beauvallon.
Les difficultés financières font que la vie matérielle est difficile mais les trésors d'ingéniosité, la chaleur des relations humaine, le constant souci de redonner espoir à tout le monde compensent amplement cela.
De nombreux intellectuels et artistes y trouvent refuge et apportent leur marque.

Marguerite Soubeyran fera partie, en tant que représentante du Front National, du Comité Local de Libération de Dieulefit, constitué le 21 août 1944. Elle a reçu la médaille des Justes.
Elle est décédée en 1980.

 
 
 

Aimée Planel-Rorecka, en 1936
 

Aimée Planel-Rorecka
Danielle Quet

Née avec le siècle, le 6 décembre 1900, sa vie illustre bien les possibilités d'émancipation offertes par l'éducation laïque aux jeunes filles de la France rurale dès cette époque. Elle a passé son enfance et son adolescence à Montélimar, où elle revint en 1951, à la mort de son mari, pour y finir ses jours en 1996. Élève brillante, marquée par le milieu artistique dès son plus jeune âge, elle ne put cependant entreprendre des études supérieures et se retrouva institutrice dans le sud de la Drôme.
Mais elle s'ennuyait, et obtint un poste de professeur de français dépendant de la mission laïque auprès du gouvernement égyptien et partit vers son nouveau destin.
Ce fut alors l'émerveillement : beauté des lieux, richesse intellectuelle de ce milieu cosmopolite, elle met ses vacances à profit pour visiter. En 1933, elle se marie à Montélimar avec Vaclav Korecky, un homme d'affaire tchèque, polyglotte et charmant. C'est au Caire qu'elle commence à écrire le Calendrier du bonheur qui paraît à Paris en 1935.
Un an plus tard, son fils naît, mais la seconde guerre mondiale lui apporte, comme à tous, ses épreuves. La victoire des Alliés n'apporte pas la tranquillité aux européens qui vivent en Égypte.
Aimée, laissant amis et possessions, revient dans la Drôme, où la maladie de son mari la laisse veuve à 50 ans. Elle reprend son métier d'institutrice et termine sa carrière à Montélimar.
Désormais à la retraite, elle s'investit dans l'écriture. Ses productions ne sont pas toutes publiées, mais certaines témoignent de la richesse de ses expériences et de son amour de la vie, ancré dans ses racines drômoises.

Aimée reçut les Palmes académiques pour ses services à l'Éducation nationale et l'Ordre national du Mérite pour son action en faveur de la France libre.