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Femmes de la Drôme : "Artistes et écrivaines "

Différents auteurs

 
Ed. A.U.E.D Valence, Études Drômoises, revue trimestrielle, numéro N°27 d'octobre 2006
 

La Comtesse de Die par Gaston Fugier
Philis de la Charce par Jean-Claude Daumas
Rosalie Jullien par Jean Sauvageon
Céleste de Chabrillan par Gaston Fugier
Jeanne Mellier par Alain Balsan
Ninon Vallin par Jacques Delatour
Peintres drômoises par Christiane et Mireille Veauvy
Marcelle Rivier par Jacques Delatour
Mady Chancel par Jean Sauvageon
Séverine Beaumier par Jean-Claude Daumas
Catherine Langeais par Pierre Vallier
Émilie Valantin par Jacques Delatour

 

 



Le buste de la Comtesse à Die

 

La Comtesse de Die
Gaston Fugier

 

« La comtesse de Die, femme du seigneur Guillaume de Poitiers, était dame belle et bonne. Elle s'énamoura du seigneur Rainbaud d'Orange et fit de lui mainte belle chanson ».
Raimbaud d'Orange parle peu d'elle, ou pas du tout. Le mariage de la comtesse de Die avec Guillaume de Poitiers a peut-être suivi la mort précoce de Raimbaud (1173).

Le thème de ses poèmes, l'amour, est usuel ; l'originalité est dans le ton. Nostalgique, consternée mais digne, la troubadouresse traite de l'infidélité qu'elle subit avec la simplicité d'expression qu'on observait quand elle évoquait la jouissance qu'elle aurait pu partager.

En 1888, Die inaugure sa gare, l'école laïque de filles et le buste de la comtesse.Une idée de Maurice Faure, félibre et député de la gauche radicale.
Après le happening de 1888, cet astre cessa d'orienter les préoccupations de nos concitoyens, il y avait d'autres combats. Le provençal populaire des Diois continua à décliner...

 
 

Philis de la Charce et ses paradoxes
Jean-Claude Daumas

 

Philis est née deux fois, dans les Hautes-Alpes et dans le même lieu, Montmorin, village situé au fond de la haute vallée de l'Oule.
En premier, sa naissance « biologique » le 5 janvier 1645, de Françoise et Pierre de la Tour-Gouvernet qui possédaient à Montmorin un château.
En second, sa naissance « historique », 47 ans plus tard, a eu aussi pour cadre Montmorin lors de l'invsion du Dauphiné par les troupes du duc de Savoie en 1692. C'est dans ce lieu qu'intervint Philis, point de départ de son aura.
Pour le reste, Philis est tout à fait drômoise, sa famille étant originaire des Baronnies.
Si on connait l'existence de Philis, on le doit aux relations qu'elle a eu à Nyons avec Madame des Houlières, auteur de poésies influencées par la préciosité. À son contact, Philippe – son véritable prénom – devint Philis (patronyme très à la mode dans l'Astrée d'Honoré d'Urfé).

 



Philis de la Charce

 
D'abord moquée et ridiculisée, (voir le poème de Madame des Houlières et une lettre de Madame de Sévigné à sa fille), c'est une Philis triomphante qui monte à Paris pour y être reconnue, gratifiée par Louis XIV d'une pension annuelle de 2 000 livres, portraitisée par Pierre Mignard...Le fait d'armes qui lui valut sa réputation semble en fait bien limité : elle a sans doute poussé les villageois de Montmorin à repousser une bande de soudards en maraude ; mais une lettre publiée dans le Mercure Galant du 30 septembre lui prête un rôle disproportionné. Sa légende était lancée.
En trois siècles, les marques de reconnaissance les plus diverses (portraits, citations d'écrivains, statue, nom donné à des lieux publics et bien d'autres encore) ont fait que finalement le vrai personnage de Philis de la Charce reste plutôt méconnu.
 
 

 

 


Rosalie Jullien

 

 

Rosalie Jullien
Jean Sauvageon

 

Rosalie Ducrolay, fille d'un riche marchand de Pontoise, en région parisienne, est née vers 1740-1745. Nous savons par sa correspondance familiale qu'elle était fort instruite.
Elle rencontre à Paris Marc-Antoine Jullien, né en 1744, fils d'un négociant ou chirurgien alternativement.Ses études l'amènent à rencontrer des philisophes, Turgot, Condorcet, Marmontel, qui lui donnent un goût pour la philosophie et une réelle conscience politique.

Le jeune couple s'installe près de Romans, où leurs revenus leur permettent de vivre en bourgeois, fréquentant des gens de leur condition, comme la famille Nugues.
L'éducation de leurs enfants les amène tour à tour à Paris où Marc-Antoine, devenu élu de la Convention, siège à la Montagne.La famille Jullien était très liée aux principaux responsables montagnards, et en particulier à la famille Robespierre, dont elle brosse un portrait d'une grade lucidité. Ils fréquentent aussi le peintre David.
Ces périodes de séparation entraînent, de la part de Rosalie, une importante correspondance qui montre combien elle suit de près les bouleversements de la Révolution. Elle est à la Tribune, elle est dans la rue, elle assiste aux fêtes, ces véritables vecteurs de l'idéologie révolutionnaire. Ne dit-elle pas, dans une de ses lettres, « Les affaires d'État sont mes affaires de cœur ».

Cette correspondance, d'une haute tenue littéraire, raconte par le détail les évènements au jour le jour et représente de ce fait une mine d'une richesse exceptionnelle pour qui recherche une description des évènements vus par la rue, mais aussi commentés avec une grande finesse.

 
 

Céleste de Chabrillan
Gaston Fugier

 

Céleste Vénard, était fille naturelle d'une chapelière de famille respectable. À 16 ans, pour fuir un foyer inhospitalier, elle se fait inscrire, à la préfecture de police, sur le registre des filles publiques.
Elle fait son apprentissage en maison, puis se met à son compte.
À 21 ans, elle rencontre le comte Lionel de Chabrillan. Les Chabrillan étaient d'une très ancienne noblesse, officiers du Roi pendant des siècles, ils avaient acquis fortune et châteaux un peu partout.

Le couple vit une vie échevelée, se défaisant puis se retrouvant ; le comte, ruiné par le jeu, escroque les économies de Céleste puis lui demande de l'épouser, ce qu'elle refuse. Il part en Australie chercher de l'or. Durant son absence, nouveaux amants dont un avocat qui la persuade d'écrire ses mémoires, ce qui n'est pas évident vu son niveau de culture.

 

 

 

 


Décadence...

 

 

Le retour de Lionel, qui n'a pas trouvé d'or, mais qui veut devenir consul à Melbourne avec l'appui du prince Napoléon, lequel intervient même pour faire effacer le nom de Céleste du registre de la prostitution, permet au couple de se reformer en Australie. Céleste rédige un compte-rendu de ses voyages qui lui vaut de figurer de nos jours au programme de l'Université de Melbourne !
Mais le consul a des problèmes d'argent et Céleste s'entremet pour lui venir en aide.Leurs santés se dégradent et le comte meurt en 1859.
Céleste s'engage alors dans la carrière littéraire, publie 12 romans, 9 drames, 17 comédies, 12 poèmes, 17 chansons. Mais à partir de 1877, sa carrière décline et elle sombre peu à peu dans l'oubli.

 
 

 

 


Jeanne Mellier

 

 

Jeanne Mellier-Espérandieu alias Mme de Flandreysy
Alain Balsan

 

Jeanne de Flandreysy (Valence, 1874- Avignon, 1859) a-t-elle été une femme de lettres érudite ou bien une demi-mondaine intrigante ?
Son portrait par Helleu la montre très belle, mais les sujets de cet artiste sont souvent interchangeables, ce qui pose la question du réalisme de l'œuvre...

Le père de Jeanne gagne Paris où il collabore à des revues littéraires, s'engage pour 7 ans dans l'armée puis revient à Valence vivre en rentier. Membre actif du Club alpin français, ce latiniste passioné, poète et archéologue appartient plus de vingt ans à la société d'archéologie.
Cela peut-il expliquer le vif désir de sa fille d'être reconnue ?

En tout cas, son premier acte d'indépendance est de se forger un pseudonyme flatteur en s'inventant un mariage en Écosse avec un M, de Flandreysy aussitôt disparu.
Commence pour Jeanne de Flandreysy une période parisienne où ses réceptions alimentent la chronique mondaine du Figaro. Ses hôtes sont célèbres, dont Jules Charles-Roux, personnage considérable qui apporte son soutien financier au félibrige.
Mais elle avait sans doute du mal a être une créatrice.
Comme le dit Chabanis, « elle sentait davantage la nécessité de publier que celle d'écrire ».
En 1918, Jeanne rachète une vieille demeure du XVème siècle, le Palais du Roure, avec l'aide financière de son père, et y crée un musée de l'Humanisme méditerranéen. Elle va désormais consacrer la seconde partie de son existence à rassembler des collections d'archéologie, d'iconographie et d'épigraphie.L' « Abesse du Roure » meurt dans la discrétion le 15 mai 1959 et repose à Valence, dans le caveau familial.

 
 

Ninon Vallin (1886-1961), cantatrice
Jacques Delatour

 

En 1986, la commune du Grand-Serre célébrait le centenaire de la naissance d 'une « enfant du pays », la cantatrice Ninon Vallin.
Mais Ninon Vallin a très peu vécu dans la Drôme ; née dans l'Isère près de Crémieu, sa famille est venue s'installer au Grand-Serre quelques années plus tard, mais Ninon a été placée à l'âge de dix ans à Saint-Laurant-en-Brionnais, dans un pensionnat de musique très prisé des familles bourgeoises. Elle s'y révéla une élève exceptionnelle et ses parents, à l'âge de seize ans, l'autorisent à préparer le conservatoire. Elle y remporte, en 1906, le premier prix.
Recommandée par Vincent d'Indy, elle est engagée en 1909 aux concerts Colonne où elle chante Schubert et Schuman.Elle remplace la diva au Châtelet pour le rôle dans Le martyre de Saint-Sébastien ; dès lors, elle est lancée.La guerre de 14 stoppe momentanément sa carrière en France et elle part pour une tournée en Amérique latine.

De retour en France, après la guerre, elle chante partout, avec les plus grands artistes et enregistre, entre 1914 et 1956, plus de 500 disques.

La deuxième guerre mondiale met fin à ses tournées internationales.

 

 


Ninon Vallin

 
 

 


Thérèse Viriville

 

 

 

Peintres drômoises
Christiane et Mireille Veauvy

 

Les tableaux de Blanche Hulin, d'Hélène Lamouroux et de Thérèse Viriville-Veauvy sont aujourd'hui dispersés, ou ont disparu. Toutes trois ont en commun l'enseignement, reçu à Valence, du peintre Paul Audra, expérience brève mais fondatrice pour les trois.
Thérèse Viriville (Valence, 1879 – Crest, 1957) a quitté Valence pour l'Algérie en 1910, mais, en dépit d'interruptions parfois longues, a poursuivi toute sa vie son travail d'artiste : paysages mais aussi portraits et croquis.

 

 

 

 

 

Les souvenirs de cette période sont indissociables de la présence d'Hélène Lamouroux (Valence, 1882 – Saillans, 1953). De l'enthousiasme et du rayonnement d'Hélène Lamouroux jaillissait une libération. Son investissement dans son art se traduisait par une activité sans limite, l'entraînant dans des tournées en bicyclette dans le Vercors où elle restait plusieurs jours, dormant dans des granges si nécessaire.

La relation épistolaire entre Thérèse Viriville et Hélène Lamouroux a soutenu la recherche et le travail de chacune d'elle.

 

Hélène Lamouroux
 

Blanche Hulin
 

 

 

 

 

 

 

Blanche Hulin (Lyon, 1883 – Valence, 1983) s'est consacrée surtout au dessin, croquis et caricatures. Elle l'a pratiqué sa vie durant, de même que l'écriture.Ses deux amies partageaient la même vision de ce petit pays (Saillans) où elles avaient leurs attaches familiales.

Ces trois femmes, élèves de Paul Audra, ont formé un trio remarquable par sa longévité, son goût de la vie dans l'autonomie féminine, sa modernité qui dénotent la densité des échanges et le soutien mutuel tendu vers une recherche non tracée d'avance.


 
 

 

 

 

Marcelle Rivier
Jacques Delatour


Marcelle Rivier est née à Lyon mais a passé son enfance à Paris. En 1912, elle a 6 ans, ses parents vont s'installer en Argentine où elle fait ses études. De retour à Paris en 1928, elle n'a qu'une envie : peindre. Elle s'inscrit au cours d'André Lhote et vient passer l 'été à Mirmande. Elle y partage un atelier avec Blanche Huzek, fait la connaissance de Supervielle, Henri Miller, Michaux et Derain.

Elle voyage, New-York, Londres où elle se marie.

Elle s'installe à Mirmande en 1940 avec d'autres peintres, une période que Pierre Palué a racontée en détails dans Mirmande et ses peintres.


 



L'enfant espagnol

 


Pierre de Saint-Prix, Marcelle Rivier, le chef de cabinet du préfet, André Lhote

 

Parallèlement à la peinture, Marcelle Rivier, amie de Pierre et Monique Saint-Prix, travaille comme agent de liaison d'un réseau de la Résistance et sauve plus d'un patriote de la Gestapo. Arrêtée, elle est incarcérée dans les caves du 10 place Aristide Briand à Valence, où elle écrit son nom au rouge à lèvres sur les murs. Elle reçoit la croix de guerre en 1945.
Dès lors, sa vie se partage entre Mirmande, Les Tourettes où vit son amie Blanche, les voyages et les expositions. Elle parcourt la Guinée, la Hollande, l'Espagne.
« Matisse donne d'une feuille un tracé linéaire et élégant,. Moi, je veux le tactile, l'odeur, tout jusqu'aux nervures.Je veux le charnel des choses... »
Elle expose dans la région, mais aussi à Toulouse, Genève.
Invitée d'honneur du salon de Bourg-de-Péage, elle reçoit , en 1956, le prix du Conseil général.

En 1986, Bernard Sapet, avec l'aide des Amis de Marcelle Rivier et des élèves de l'école d'art de Valence, lui a consacré un très bel ouvrage, et en 2006 a organisé une exposition rétrospective à Mirmande.

 
 

Mady Chancel
Jean Sauvageon

 

Marie-Louise, plus connue sous le diminutif de Mady, était l'aînée des quatre enfants du docteur Lémonon, un médecin très apprécié à Saint-Donat.
Dans cette famille catholique, les garçons fréquentent l'école laïque, mais pour la fille c'est l'école privée du bourg, puis l'institution Sainte-Anne de Valence. Elle épouse un pharmacien, Jean Chancel et après un temps à Avignon, celui-ci ouvre une officine à Saint-Donat dans la maison de son beau-père, rue Pasteur.
Cette famille de notables n'était pourtant engagée dans aucune formation politique et manifestait une grande indépendance qui lui a permis de dénoncer les dangers du nazisme, dont deux des fils avaient pu mesurer l'ascension au cours de séjours en Allemagne.

 

 


Mady Chancel

 
La pharmacie est vite devenue le lieu où arrivaient les informations et où venaient ceux qui se sentaient menacés, notemment ceux envoyés par le prêtre de Romans Michel Lémonon, frère de Mady. Jean Chancel était devenu un spécialiste de la fabrication de faux papiers, peut-être un millier !
C'est un des « préparateurs » de la pharmacie qui a reconnu le couple Andrieux, alias Louis Aragon et Elsa Triolet, ce qui a permis aux Chancel d'aller vers eux.
C'est dans la maison Chancel que furent rassemblés les aviateurs anglais et leurs passagers, dont Francis Cammaert, alias Roger » du réseau Buckmaster. C'est de là que partaient les expéditions pour aller récupérer le matériel parachuté.
Ces activités intéressent les quelques collaborateurs de la région et plusieurs dénonciations se produisent, dont la troisième entraîne l'expédition allemande du 15 juin 1944 : le village est mis à sac, des arrestations, des exécutions ont lieu, des dizaines de femmes et de jeunes filles sont violées, dont Jeannie, la fille aînée des Chancel, qui en mourra quelques semaines plus tard.

Après la guerre, Jean Chancel est devenu maire, mais il décède en 1952 , Mady doit prendre une gérante, elle passe l'examen de préparatrice. Mais la gérante meurt quelques années plus tard et la pharmacie est vendue en 1967.
Dans des difficultés matérielles importantes, Mady se remet à la peinture avec de jeunes peintres de la région romanaise, L'Atelier 13.

Sa santé se dégrade peu à peu et elle meurt le 20 août 2004.

 
 



Séverine Beaumier

 

 

Séverine Beaumier
Jean-Claude Daumas

 

Séverine Beaumier tire-t-elle de ses racines familiales sa passion pour l'écriture, les légendes et les personnages d'autrefois ?

Séverine Bertolutti est née dans le Frioul, à Faedis, un village de montagnes semblables à celles du Diois. Son père émigra en France en 1923, à la fois pour trouver du travail et pour fuir le fascisme.
La scolarité de Séverine, dispersée géographiquement selon les embauches de son père (La Mure, puis la Savoie, le Grésivaudan, Grenoble enfin où elle termine la primaire) ne l'empêche cependant pas d'éprouver ce qu'elle appelle son « émerveillement linguistique ». Des dispositions certaines pour l'écriture développent son attirance pour la littérature et l'École supérieure de filles, place Saint-Bruno lui permet d'assouvir sa soif de lectures « classiques » et d'obtenir ses deux brevets.

  On découvre ensuite un autre versant de sa personnalité : l'enquête minutieuse, persévérante, multiforme qu'elle développe dans le Diois, pays de son mari Louis Beaumier. Année après année, c'est une formidable documentation qu'elle amasse grâce à de multiples contacts personnels, des livres anciens patiemment dénichés, des recherches aux archives... Cette masse documentaire est valorisée par toutes sortes d'écrits.
D'abord des articles dans Le jounal du Diois, Études drômoises,Terres voconces ; des recueils de contes et légendes comme Entre buis et lavande, en 1979.
Ensuite des ouvrages que l'on peut sans risque qualifier d'historiques tant ils reposent sur une recherche scrupuleuse : la vie quotidienne d'un hameau de Treschenu, par exemple, puis des textes d'histoire locale, Écoles du Diois, La peste de 1721 à Die.
C'est enfin le fruit de vingt ans de recherches assidues, inlassables : la biographie de Jean-François Nicolas, né à Châtillon-en-Diois et qui devint « Médecin du Roi » et spécialiste des épidémies en Dauphiné, un copieux ouvrage qui se lit d'un trait malgré ses 231 pages.

Tous ces travaux ont été reconnus officiellement ; Séverine Beaumier a été promue
    •  Chevalier, puis Officier dans l'Ordre des Palmes Académiques en 1983 et 2000.
    •  Chevalier de l'Ordre des Arts et des Lettres en 2003.

 
 

Catherine Langeais
Pierre Vallier

 

Grâce au phénomène de la télévision, Catherine Langeais a été dans la seconde moitié du XXè siècle une icône française.Née en 1923 à Valence, dans une famille bourgeoise, son père était fondé de pouvoir d'une banque, Marie-Louise Terrasse fréquentait les écoles privées et manifestait déjà un goût certain pour la séduction.
En 1933 sa famille s'installe à Paris, en 1934 elle entre au lycée Fénelon...

En 1938, c'est la rencontre avec François Mitterand, alors étudiant en droit, au bal de l'École normale supérieure. Si pour François c'est le coup de foudre, il semble que la jeune fille, surnommée Zou par son prétendant, ait été plus éblouïe que réellement amoureuse, d'ailleurs elle était très courtisée par ailleurs.
Cependant François poursuivait obstinément une cour pressante, si bien que Zou le présenta à ses parents. Dans les trois ans qui suivirent, ce ne furent pas moins de 3000 lettres écrites à la jeune fille, certaines même à ses parents, touchés par le sérieux du jeune homme. Ces lettres, en plus de révéler le talent littéraire de François, laissent percer ses projets d'avenir : il y avoue une grande ambition personnelle, «  je veux tendre vers une plus belle réalisation de moi-même. »

 

 


Vers 1960, Catherine Langeais, sous le parapluie de Raymond Oliver
visite la Foire-exposition de Valence

 
En 1940, les fiançailles officielles sont annoncées et scellées par un dîner avec les deux familles.
Mais peut-être que l'amour de François était trop possessif, trop écrasant pour la (très) jeune fille de ses rêves. En janvier 1942, Zou romp les fiançailles et épouse quelques temps après, Antoine Gordowski, dont elle aura deux enfants, mais en elle s'en sépare en 1949 et divorce en 1954.
Entre temps, en 1950, elle devient Catherine Langeais, speakerine vedette de la télévision et commence une relation avec Pierre Sabbagh, le journaliste de télévision.

En 1954, diagnostic de sclérose en plaques.
Catherine Langeais a toujours conservé des relations avec François Mitterand, qui a toujours été là pour elle. De même, elle a continué à venir à Valence visiter des amis de son père ou invitée à des manifestations officielles.
Mais on ne saura jamais ce que François Mitterand lui a murmuré à l'oreille, le 28 avril 1987, en lui remettant solennellement à l'Élysée la croix de la Légion d'honneur...

 
 

 


Émilie Valantin

 

Émilie Valantin
Jacques Delatour

 

Née à Lyon d'un père ébéniste et d'une mère institutrice, Émilie Valantin a de l'ébéniste l'habileté manuelle et le goût du beau et de l'institutrice la passion de la pédagogie.

Après huit années d'enseignement de l'espagnol, le déclic se produit lors d'un stage de sculpture de marionettes. En 1975, elle crée le théâtre du petit Fust à Montélimar.et si l'enthousiasme est au rendez-vous, il faudra des années pour obtenir la reconnaissance de ses pairs, des appuis financiers et des locaux fonctionnels. Ce sont les enseignants, les amicales laïques, les associations culturelles qui la lanccent. Maurice Pic lui obtient une première subvention de 2 000F du conseil général.

Dès lors, chaque année ou presque des récompenses, des évènements, des reconnaissances viennent marquer son activité.
Émilie Valantin continue à accorder une attention particulière aux auteurs qu'elle choisit de mettre en scène : Ovide, Corneille, Molière, Maeterlinck, Rostand...

«La marionnette est d'essence métaphysique, dit Émilie Valantin. Elle exprime l'état piteux ou jubilatoire de l'homme confronté au réel. »