Vous êtes ici : ---> Accueil ---> Contenu de la revue ---> Résumés d'articles ---> René Gilloin, de Aouste, conseiller intime du Maréchal  
   
 

René Gilloin, de Aouste, conseiller intime du Maréchal

Par Robert Serre

Ed. AUED, Valence, Études drômoises, revue trimestrielle,
n°53 de mars 2013 pp. 3 à

Résumé d'après l'article

 
 

Portrait de René Gilloin
 

 

 

 

 

Fils d’Émile Gillouin, alors pasteur à Aouste (Drôme), c’est dans cette commune qu’est né René Gillouin en  1881.

 

Il participe aux travaux du groupe technocratique Redressement  français  d’où  allaient sortir nombre de collaborateurs du gouvernement de Vichy.

Ancien conseiller municipal de Paris, il est recruté par son ami Raphaël Alibert et entre comme chargé de mission au cabinet de Pétain.

Chaudement félicité par le Maréchal pour son premier  rapport, il bénéficie rapidement de son estime : Gillouin parle d’un « coup de foudre de sympathie ».

 

Il présente le chef de l’État comme son ami et a une réelle influence sur lui jusqu’en mai 1942 et on  lui prête un rôle important dans l’éviction de Laval le 13 décembre 1940.

Il ne réussit cependant pas à empêcher que son maître cède trop souvent à son entourage.

Il contribue grandement à la préparation et à l’essor du culte du Maréchal dans le courant de l’été 1940, dont les voyages en province de novembre montreront le fulgurant développement.

 
 

Il écrit les premiers discours du Maréchal (en  particulier celui du 13 août 1940 et le discours programme  ouvrant les travaux à Vichy le 5 mars 1942, de la Commission d’études des questions de jeunesse), ses allocutions radiodiffusées et ses déclarations  officielles.

Traditionaliste antilibéral, il est un des idéologues les plus en vue de la Révolution nationale.

Opposé au Parlementarisme, il soutient que seules les élites sont vraiment représentatives.

 

Cependant, les 23 et 29 août 1941, René Gillouin écrit au Maréchal Pétain des lettres contre les lois antijuives : « J’ai honte pour mon pays de la politique juive qu’il a empruntée à l’Allemagne en l’aggravant encore, et je ne connais pas un Français digne de ce nom qui ne la condamne dans le secret de son cœur comme étant ni chrétienne, ni humaine, ni française… »

Bien qu’ayant, dans ces lettres, comparé la persécution antisémite du régime à la révocation de l’Édit de Nantes, il ne commence à prendre ses distances avec son « ami » qu’au printemps 1942 quand la politique antijuive de Vichy se dévoile pleinement.

En avril 1942, Pétain écrit à Gillouin : « Je suis contraint de me séparer de vous. On l’exige de moi et je ne puis refuser… »

 

Après la guerre, il restera dans le giron de l’extrême-droite, participant dans les années 1960 à un mouvement  nationaliste autoritaire qui prétend défendre l’empire français contre les menées communistes.