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Expulsés lorrains à Saint-Uze

Par Claude et Michel Seyve

Ed. AUED, Valence, Études drômoises, revue trimestrielle,
n°68 de décembre 2016 pp. 20 à 24

Résumé d'après l'article

 
 

Saint-Uze à l'époque de la seconde guerre mondiale
 

 

 

Une proportion importante de la population du village lorrain de Bisping, maintenant Bisping Belles Forêts, s’installa à Saint-Uze en 1940.
Un certain nombre de familles furent donc reçues dans la commune, ainsi que leur curé.
Ils n’avaient que  quelques  bagages sommaires à leur arrivée, aussi les habitants leur ont donné quelques meubles.

Marie-Renée et Jean Sauvageon, dont les parents habitaient Saint-Uze, ont de nombreux souvenirs de cette période et se souviennent très bien de plusieurs de ces familles dont les enfants furent leurs compagnons de jeux.

 
 

« Huit  familles de Bisping ont dû quitter le village − presque toute la communauté − tandis que trois familles − parlant allemand − y sont restées.
Les expulsés le furent à cause de  leur  parler français.
Plus de cinquante personnes quittèrent leur ferme pour cette raison, furent conduites à la gare de Sarrebourg en novembre 1940 et embarquées dans des wagons à bestiaux ; hommes, femmes, enfants, ils n’emmenaient que le strict nécessaire. »


Quant au curé de Bisping, précise Jean en substance, il occupait la fonction de     «vicaire» du  curé de la commune.
Grand et à la démarche ample, il ne passait pas  inaperçu.

 

L'école privée de Saint-Uze, années quarante
 
 

Jean Sauvageon précise : « À la mi 1944, Saint-Uze avait reçu quarante-sept Lorrains.
Le comportement de la population locale, une cité ouvrière de 1 500 habitants, semble avoir été marqué par la solidarité, habituée qu’elle était à accueillir des étrangers en difficulté, Arméniens à la suite du génocide de 1915, Italiens après l’instauration du fascisme avec l’arrivée au pouvoir de Mussolini en 1924, républicains espagnols fuyant le franquisme,  Toulonnais après le sabordage de la flotte en 1942. »

Si à Saint-Uze l’accueil des nouveaux venus semble s’être déroulé sous le sceau de la solidarité, il n’en a pas été de même partout ; il fut marqué, ici et là, par des incompréhensions.
Le départ des Lorrains, comme leur arrivée au début du conflit, se déroulèrent dans des conditions complexes, entraînant des problèmes sociaux, politiques et humains souvent douloureux.