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L'exil des protestants de Chamaloc

Par Michelle Magdelaine

Ed. AUED, Valence, Études drômoises, revue trimestrielle,
n°65 de mars 2016 pp. 3 à 5

Résumé d'après l'article

 
 

Le village de Chamaloc
 

 

Malgré les persécutions, les conversions forcées au catholicisme, l’exode de nombreux religionnaires vers des pays protestants afin de pouvoir vivre en paix leur foi, il reste à Chamaloc des réformés « opiniâtres » : en 1866, 157 catholiques et 134 protestants sont recensés dans le village.

Dans un rapport de novembre 1687 (3) , l’intendant essaie d’expliquer pourquoi les nouveaux convertis le sont si mal qu’ils n’hésitent pas à tout abandonner pour fuir le royaume et chercher un refuge sous des cieux plus cléments : « ... dans l’uniformité qui paroit dans leur conduite, il est évident qu’un esprit de cabale fomenté par les ministres et par les pays étrangers les agitent tous également ».
Il estime qu’il existe une sorte de complot fomenté par les ministres qui ont déjà quitté la France et dont certains, établis sur les bords du lac Léman, essaient d’organiser le départ des fidèles.

 
 

On connaît à peu près les religionnaires du village qui, malgré les interdictions et les dangers, n’ont pu se résoudre à devenir catholiques, même de façade, et ont pris le chemin de l’exil. Les fugitifs voyagent en général en groupe, familial, amical, professionnel ou, encore, de la  même origine géographique ; le fait de parler la même langue, le même dialecte, d’avoir des  références géographiques communes, permet de supporter un peu mieux l’exil.

Dans l’ensemble, les huguenots de Chamaloc se retrouvent surtout en Suisse, dans la  République de Genève, la Principauté de Neuchâtel, des cantons protestants. Mais la Suisse qui n’est pas un pays riche – elle exporte même ses hommes dans toutes les armées européennes – ne peut pas garder tous ces réfugiés qu’elle a cependant aidés largement. Il faut compter aussi avec l’hostilité de certains qui craignent que les artisans huguenots ne leur  fassent concurrence en cassant les prix et en pratiquant des horaires excessifs.

Un sort peu enviable est celui des femmes seules, veuves, parfois avec enfants. Elles ne sont pas abandonnées mais ne parviennent que rarement à vivre autrement que de la charité des coreligionnaires.

Ce que ce court article tente de mettre en évidence, c’est la grande difficulté, pour beaucoup de réfugiés, de trouver un lieu d’établissement définitif et donc, l’errance à laquelle ils vont se trouver condamnés. Très peu savent exactement où ils veulent aller. Arrachés à leurs racines, exilés volontaires, pour la  plupart, c’est le grand saut dans l’inconnu et, souvent, la déconvenue.

 

Un cadran solaire