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La chapellerie drômoise

Par Marylène Marcel-Ponthier

 
Ed. AUED, Valence, Études drômoises, revue trimestrielle,
n°40 de décembre 2009 pp. 3 à11

Résumé d'après l'article

 
 

 


Défilé des reines de la chapellerie entre Bourg-de-Péage et Romans

 

 

 

 

Si le chapeau de feutre existait déjà du temps de Saint-Louis, ce n’est qu’avec l’apparition du chapeau « Mossant » à Bourg-de-Péage, en 1833, que cette industrie prend un véritable essor.
En 1835, la Drôme compte 42 établissements chapeliers dont 17 dans le seul arrondissement de Die et 10 dans celui de Montélimar.  

 

 

 

La chapellerie Mossant de Bourg-de-Péage

La chapellerie Mossant voit le jour en 1833 grâce à Casimir Mossant dont la famille s’est installée à Alixan au début du XVIIIe siècle.

En 1860 , elle s’installe avenue de Barbières sur un terrain nouvellement acheté. C’est alors l’époque du chapeau souple, créé en réaction aux formes rigides connues jusqu’alors.
Le succès de l’entreprise est foudroyant. Petit à petit l’entreprise familiale s’accroît et compte 65 000 m² d’ateliers sur une surface totale de 144 000 m². Le chapeau Mossant passe pour être indestructible grâce à son procédé de fabrication.

 
 

 

 

 

 

Une entreprise paternaliste

 

La devise de la Maison Mossant est « Travail – Famille ». Elle met en place de nombreux  services annexes pour son personnel : construction de maisons en cité, secours mutuel, groupement d’achats avec une monnaie spéciale (la monnaie Mossant, qui n’a cours que dans l’entreprise), jardins ouvriers, fêtes de Noël, etc.

En contrepartie, les exigences de la direction sont nombreuses

 

Une réussite éclatante

La chapellerie Mossant acquiert une renommée internationale grâce aux huit prix obtenus entre 1889 et 1937 : Paris, Anvers, Bruxelles, Saint-Louis, Buenos-Aires, Paris, Paris et Bruxelles. Elle est à son apogée dans les années 1920 avec 1 200 ouvriers et employés, fabriquant 2 000 chapeaux par jour. 

 

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L'usine montilienne du quartier de Villeneuve
 

La chapellerie Monier à Montélimar

 L’entreprise Monier voit le jour à Montélimar en 1853. Elle utilise une vieille tradition artisanale remontant au XVIIe siècle, celle du chapelier montilien Grimaudet, protestant émigré dans le Brandebourg après la Révocation de l’Édit de Nantes.

Un essor rapide

L’essor de l’entreprise est considérable : d’une quarantaine d’ouvriers en 1860, elle passe à 298 en 1862 et à  plus de 500 en 1876, dont un quart de femmes. Selon l’historien montilien Adolphe de Coston, elle aurait employé mille ouvriers et ouvrières vers 1880.

La qualité « Monier » est reconnue elle aussi par des médailles d’or aux expositions universelles de 1867, 1887 et 1889.

 
 

 

 

 

 

Vue d'un atelier de la chapellerie montilienne
 
         
 

La fin de la chapellerie

L’activité chapelière est saisonnière et il y a des périodes très difficiles.

À Montélimar la famille Monier exploite systématiquement les ouvriers, ce qui entraîne des grèves très dures, jusqu’au dépôt de bilan en octobre 1895. Reprise en société anonyme, l’entreprise vivote encore quelques années. Ainsi en 1906, on compte encore 83 ouvriers chapeliers résidant à Montélimar et 70 en 1911. La guerre de 1914 sonne le glas de cette activité.

Chez Mossant, l’organisation est moins inhumaine, l’entreprise résiste plus longtemps, mais la crise de 1929 provoque de gros dégats ; la concurrence nationale puis internationale se développe et malgré des tentatives de diversification, en 1985 c’est la cessation totale de la dernière activité

 
 

 

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